14 Oct 2025
Posté le dans CSE en actu, Décryptage, Événements, Les rendez-vous
La transparence salariale, une obligation qui s’installe
La transparence salariale s’impose désormais comme un levier majeur de transformation sociale. Portée par une directive européenne ambitieuse, sa transposition en droit français, attendue d’ici juin 2026, va remodeler les pratiques d’égalité salariale dans les entreprises.
Derrière les textes, c’est une culture nouvelle qui s’installe : celle du partage, de la traçabilité et de la responsabilisation collective.
Une conférence à forte résonance sociale

La matinée s’ouvrira sur un éclairage juridique, assuré par Maitre Emilie Lacoste, avocate associée au cabinet Brihi-Koskas & Associés. L’objectif ? Démystifier les futurs droits à l’information des salarié·es et les nouvelles obligations des employeurs. Un panorama indispensable à l’heure où la transparence devient un levier de conformité autant que de transformation.
Mais comprendre ne suffit pas. Encore faut-il savoir comment anticiper. C’est là qu’intervient l’expertise de Sextant Expertise, qui proposera une lecture stratégique des enjeux à venir. Isabelle Nicolas, directrice opérationnelle répondra aux questions que se posent les élu-es : quels outils pour le CSE ? Comment adapter le dialogue social à ces nouvelles exigences ? Des réponses opérationnelles pour ne pas subir la réforme, mais en faire un levier d’action.
Des retours de terrain pour passer à l’action
Le 14 octobre, la conférence « CSE & transparence salariale : comprendre, anticiper, agir » a réuni plus de 426 participants à distance et une trentaine en présentiel.
L’événement a offert aux élus CSE, représentants syndicaux, IRP et professionnels RH une occasion rare de confronter les approches juridique, stratégique et de terrain.
Maître Émilie Lacoste, avocate associée au cabinet Brihi-Koskas & Associés, a ouvert la matinée en détaillant les futurs droits à l’information des salarié·es et les obligations qui pèseront sur les employeurs.
Isabelle Nicolas, directrice opérationnelle chez Sextant Expertise, a ensuite apporté un éclairage concret sur les leviers dont disposent les CSE pour anticiper la réforme et en faire un outil d’action plutôt qu’une contrainte.
Enfin, Ute Meyenberg, Secrétaire nationale CFDT Cadres, Eurocadres, a partagé le regard du terrain et les enseignements tirés des CSE déjà engagés sur la voie de la transparence.
Les questions qui ont animé le débat

Tout au long de la matinée, les échanges ont montré combien la transparence salariale soulève à la fois espoirs et inquiétudes.
Les participants ont d’abord évoqué la question du rapport entre ancienneté et nouvelles embauches. Comment garantir l’équité entre salariés tout en tenant compte des réalités du marché ? Le risque de tensions internes entre générations ou statuts n’a pas manqué d’être soulevé.
Autre sujet sensible : la protection des données personnelles. Dans quelle mesure peut-on rendre les salaires visibles sans enfreindre le RGPD ? Le débat a mis en lumière un besoin de clarté sur la frontière entre transparence et confidentialité.
Enfin, une interrogation majeure a traversé les échanges : cette directive vise-t-elle uniquement à renforcer l’égalité femmes-hommes, ou pourrait-elle, à terme, s’étendre à d’autres formes d’inégalités ? L’âge, l’orientation sexuelle, ou encore l’origine sociale font partie des critères évoqués.
Derrière ces questions, un constat s’impose : la transparence salariale ne se limite pas à une réforme technique, elle redéfinit les fondations mêmes du dialogue social.
Un sondage révélateur d’un climat de prudence
Un sondage en direct a permis de recueillir les perceptions des participants connectés.
À la question :
« Quels sont, selon vous, les principaux freins à la mise en œuvre d’une transparence réelle des rémunérations ? »
Sur 155 répondants, 37 % ont cité le manque d’engagement de leur direction, tandis que 25 % ont pointé la crainte de tensions internes.
Ces chiffres traduisent une prudence certaine : la volonté d’avancer existe, mais la mise en mouvement reste freinée par la peur de déstabiliser les équilibres internes.

👉 Participez vous aussi au sondage et partagez votre point de vue sur la transparence salariale.
Un débat animé, un enjeu partagé
Sous la modération de Rodolphe Helderlé (Miroir Social), la conférence a offert un espace d’échanges dense et concret.
Entre questions juridiques, retours d’expérience et témoignages de terrain, un message est ressorti : la transparence ne se décrète pas, elle se construit collectivement, dans la confiance et le dialogue.
Et maintenant ?
La France ne s’est pas encore pleinement emparée du sujet.
La transposition de la directive européenne n’en est qu’à ses prémices, et beaucoup d’entreprises attendent encore un cadre national précis.
Reste à savoir comment les élus CSE, délégués syndicaux et IRP s’approprieront cette nouvelle donne.
Feront-ils de la transparence salariale un outil de progrès social et d’égalité réelle, ou la subiront-ils comme une obligation de plus ?


