Travail et dérèglement climatique : l’étude qui révèle un retard préoccupant dans les accords d’entreprise

Etude Sextant expertise sur l'impact du changement climatique sur le travail

28 Nov 2025

Etude sur l'impact du changement climatique - Sextant expertise

Le travail change sous l’effet du climat. Les épisodes extrêmes deviennent fréquents et s’enchaînent de manière imprévisible. Les pics de chaleur se prolongent. Les vagues de froid surviennent plus tôt. Les pluies torrentielles perturbent l’activité. Ainsi, la réalité du terrain évolue rapidement. Pourtant, les accords d’entreprise s’adaptent encore peu à ces transformations.

Une étude publiée par Sextant Expertise analyse 380 accords contenant le terme fortes chaleurs entre 2022 et 2024. Elle met en lumière un retard préoccupant dans la prise en compte du dérèglement climatique. Dès lors, la question se pose. Le travail en France est il réellement préparé aux nouvelles contraintes environnementales.

Le premier enseignement est clair. Le nombre d’accords reste faible. Seuls 380 accords ont été signés en trois ans. De plus, leur volume diminue de 13,7 % sur la période. Cette baisse intervient alors que les phénomènes extrêmes se multiplient.

Par ailleurs, l’étude souligne un point essentiel. Seuls 8 % des accords comportent une adaptation complète, structurée autour de trois dimensions. Technique, humaine et organisationnelle. Ce faible pourcentage montre que l’adaptation reste encore marginale. Elle n’est pas pensée comme un enjeu stratégique.

Eude de l'impact climat - travail

Ainsi, ces données interpellent directement les organisations syndicales, les employeurs et les institutions. Le dérèglement climatique n’est plus théorique. Il influence déjà les conditions de travail.

L’étude dresse également un panorama sectoriel instructif. L’industrie manufacturière regroupe 38 % des accords signés. Le transport et l’entreposage suivent avec 16 %. La construction atteint 8 % seulement. Pourtant, ce secteur travaille au plus près des aléas climatiques. Ce contraste illustre un décalage entre exposition et négociation.

Quel secteur en France prend en compte l'impact du changement climatique

En outre, un fait notable apparaît. L’agriculture, pourtant très exposée, ne figure pas parmi les secteurs les plus actifs en matière d’accords. Ce constat renforce l’idée d’une mobilisation insuffisante.

Du côté des territoires, l’Île de France représente 16 % des accords, la Nouvelle Aquitaine 13 % et les Pays de la Loire 11 %. En revanche, les zones méditerranéennes restent en retrait malgré une forte vulnérabilité aux chaleurs extrêmes.

L’étude ne se limite pas à une photographie critique. Elle repère aussi 32 accords innovants dont sept exemplaires. Ces accords montrent que l’adaptation est possible et qu’elle peut s’appuyer sur des mesures concrètes.

Ces textes réorganisent les horaires. Ils définissent des seuils d’alerte précis. Ils introduisent des pauses supplémentaires. Ils aménagent des rotations entre zones chaudes et zones tempérées. Ils anticipent les besoins des salariés seniors. Ils prévoient même des arrêts temporaires d’activité en cas d’alerte rouge.

Ainsi, ces pratiques démontrent qu’une adaptation réaliste existe. Elle devient efficace si le diagnostic repose sur l’observation du travail réel. Elle peut être transposée d’une entreprise à l’autre.

Les impacts climatiques sur la santé sont déjà documentés. Au delà de 24 à 26 degrés, la productivité baisse de 2 à 3 % par degré. Ensuite, les accidents augmentent. Les coups de chaleur se multiplient. Les arrêts maladie progressent. Cette dynamique déstabilise les organisations.

Etude sextant expertise - climat

Par conséquent, l’adaptation ne peut plus se limiter à des mesures ponctuelles. Elle doit devenir un axe structurant. Elle doit être intégrée aux échanges sociaux. Elle doit être anticipée.

Cette étude offre un panorama inédit des pratiques actuelles. Elle souligne les retards. Elle montre les écarts. Elle met en évidence les solutions possibles. Elle rappelle que l’adaptation n’est pas un thème secondaire. Elle doit devenir une priorité partagée.

Dès lors, les organisations syndicales, les employeurs et les institutions disposent d’un support solide pour ajuster leurs stratégies. Le dérèglement climatique transforme le travail plus vite que la négociation ne s’adapte. Réduire ce décalage devient indispensable.

L’étude complète est disponible sur demande. Elle permet d’identifier les leviers d’action, les marges de progression et les accords les plus inspirants. Elle constitue une base précieuse pour avancer vers une adaptation concrète et durable du travail.

Derniers articles