26 novembre 2024

Un Livre Blanc pour comprendre et agir : les enjeux des NAO dans un contexte économique complexe

Chaque année, la négociation annuelle obligatoire (NAO) constitue un moment clé du dialogue social dans l’entreprise. Salaires, temps de travail, partage de la valeur, égalité professionnelle… Les enjeux sont importants pour les salarié·es comme pour les représentant·es du personnel. Pourtant, une NAO ne s’improvise pas. Elle se prépare en amont, avec des analyses, une stratégie et des revendications construites.

Les NAO : un moment central du dialogue social

Les négociations annuelles obligatoires portent notamment sur les rémunérations, le temps de travail et le partage de la valeur ajoutée dans l’entreprise. Elles peuvent également aborder d’autres sujets comme l’égalité professionnelle, la qualité de vie et des conditions de travail ou encore la gestion des emplois et des parcours professionnels.

Pour les représentant·es du personnel, les NAO constituent souvent le principal moment de négociation sur les salaires et la politique sociale de l’entreprise. Elles permettent d’aborder des sujets très concrets : augmentations générales, augmentations individuelles, primes, intéressement, participation, télétravail, organisation du temps de travail ou encore avantages sociaux.

Mais pour obtenir des avancées, il ne suffit pas d’arriver avec des revendications. Il faut construire un rapport de force et une stratégie de négociation.

Une négociation qui se prépare longtemps à l’avance

L’une des erreurs les plus fréquentes consiste à préparer les NAO quelques jours avant la première réunion. En réalité, la négociation se prépare plusieurs mois à l’avance.

Les élu·es doivent notamment analyser :

  • la situation économique de l’entreprise,
  • l’évolution du chiffre d’affaires et des résultats,
  • la politique salariale des années précédentes,
  • l’évolution des effectifs,
  • la répartition de la masse salariale,
  • les écarts de rémunération,
  • l’inflation et le coût de la vie,
  • la politique de dividendes,
  • les aides publiques éventuelles,
  • les perspectives économiques.

Toutes ces informations permettent de construire des revendications crédibles et argumentées.

Comprendre la situation économique pour négocier les salaires

La négociation salariale repose en grande partie sur la situation économique de l’entreprise. Pour négocier, il faut donc comprendre comment se porte réellement l’entreprise et quelles sont ses marges de manœuvre.

Les représentant·es du personnel peuvent notamment s’intéresser :

  • aux résultats financiers,
  • aux marges,
  • à la productivité,
  • à l’évolution de la masse salariale,
  • au partage de la valeur entre salaires, dividendes et investissements,
  • aux perspectives économiques.

L’analyse économique devient alors un outil central de la négociation.

Construire une stratégie de négociation

Une NAO ne se résume pas à demander un pourcentage d’augmentation. Il s’agit de construire une véritable stratégie de négociation.

Cette stratégie peut porter sur :

  • les augmentations générales,
  • les augmentations individuelles,
  • les primes,
  • les classifications,
  • l’égalité professionnelle,
  • le télétravail,
  • le temps de travail,
  • l’épargne salariale,
  • la participation et l’intéressement,
  • les avantages sociaux.

L’objectif est souvent de combiner plusieurs mesures plutôt que de négocier uniquement les salaires.

Le rapport de force ne se construit pas uniquement à la table des négociations

La négociation ne se joue pas uniquement pendant les réunions avec la direction. Elle se prépare aussi en amont, notamment par l’information des salarié·es, la construction de revendications collectives et la communication autour des enjeux de la négociation.

Plus les salarié·es comprennent les enjeux économiques et sociaux de l’entreprise, plus les représentant·es du personnel peuvent s’appuyer sur un rapport de force collectif.

La communication fait donc partie intégrante de la stratégie de négociation.

Les négociations annuelles obligatoires constituent un moment majeur du dialogue social dans l’entreprise. Mais une négociation réussie repose rarement sur l’improvisation. Elle nécessite une préparation en amont, une analyse économique et sociale, une stratégie de négociation et un travail de communication auprès des salarié·es. Plus les représentant·es du personnel anticipent et préparent la négociation, plus ils et elles augmentent leurs chances d’obtenir des avancées concrètes pour les salarié·es.

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