8 juillet 2025

Semaine de 4 jours : attention, ce n’est pas qu’une question de temps de travail

La semaine de 4 jours revient régulièrement dans le débat public et dans les entreprises. Derrière cette idée séduisante, les réalités sont pourtant très différentes selon qu’on parle de semaine en 4 jours ou de 4 jours. Pour les représentant·es du personnel, le sujet ne se résume pas à travailler moins ou autrement : il pose des questions d’organisation du travail, de charge de travail, de santé, de rémunération et de dialogue social.

Une idée ancienne qui revient avec un nouveau rapport au travail

La question de la réduction du temps de travail ne date pas d’hier. Depuis le début du XXe siècle, les réformes du temps de travail ont accompagné les évolutions économiques et sociales. Aujourd’hui, le débat revient sous une nouvelle forme, portée par les attentes des salarié·es en matière d’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle et de flexibilité.

Les enquêtes récentes montrent que de nombreux salarié·es souhaitent travailler moins de jours, quitte parfois à travailler plus longtemps sur chaque journée. Ce changement de rapport au travail explique en partie pourquoi de plus en plus d’entreprises expérimentent la semaine de 4 jours.

Mais derrière le même terme, deux réalités très différentes existent.

Semaine “en 4 jours” ou semaine “de 4 jours” : deux logiques différentes

La confusion est fréquente. Pourtant, les impacts pour les salarié·es et pour l’entreprise ne sont pas les mêmes.

La semaine en 4 jours consiste à répartir la durée hebdomadaire de travail sur 4 jours au lieu de 5, ce qui allonge les journées de travail et peut augmenter la fatigue ou l’intensité du travail.

La semaine de 4 jours correspond à une réduction du temps de travail hebdomadaire, par exemple passer de 35 heures à 32 heures. Cette organisation peut avoir des conséquences sur la rémunération, l’organisation du travail ou les effectifs.

Dans les deux cas, les questions d’organisation du travail, de charge de travail et de conditions de travail deviennent centrales.

Un sujet d’organisation du travail avant d’être un sujet de temps de travail

Mettre en place la semaine de 4 jours ne consiste pas simplement à supprimer une journée de travail. Cela implique de repenser l’organisation du travail, la planification, la continuité de l’activité, la répartition des tâches ou encore le management.

Les retours d’expérience montrent que la semaine de 4 jours peut améliorer l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle, réduire l’absentéisme ou améliorer la motivation. Mais elle peut aussi entraîner une intensification du travail, des difficultés d’organisation ou un risque d’isolement, notamment lorsqu’elle se combine avec le télétravail.

Autrement dit, tout dépend de la manière dont elle est mise en place.

Le rôle central du CSE et de la négociation

La mise en place d’une semaine de 4 jours peut passer par la négociation collective ou par une décision de l’employeur après consultation du CSE. Dans tous les cas, les représentant·es du personnel ont un rôle essentiel pour analyser les impacts sur les conditions de travail, la santé, la rémunération, l’organisation du travail ou encore l’égalité professionnelle.

Avant de négocier, plusieurs questions doivent être posées :
Pourquoi l’entreprise souhaite-t-elle mettre en place la semaine de 4 jours ?
Quels salarié·es seraient concerné·es ?
Quel impact sur la charge de travail et la santé ?
Quel impact sur la rémunération ?
Comment maintenir la cohésion des équipes ?

Ces questions sont souvent plus importantes que le nombre de jours travaillés lui-même.

La semaine de 4 jours : un projet d’entreprise plus qu’un simple aménagement du temps de travail

La semaine de 4 jours touche à l’organisation du travail, au management, à la productivité, à l’attractivité de l’entreprise, aux conditions de travail et au dialogue social. Elle ne peut donc pas se mettre en place sans diagnostic préalable, sans phase d’expérimentation et sans suivi dans le temps.

Pour les élu·es du personnel, l’enjeu est donc moins de savoir s’ils sont pour ou contre la semaine de 4 jours, que de comprendre dans quelles conditions elle peut être mise en place et avec quels effets pour les salarié·es.

C’est précisément tout l’objet de ce guide.

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