Comment prévenir ?

Pour lutter efficacement contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes, tout salarié doit être en capacité d’identifier les situations qui les caractérisent et dont il peut être la victime, le témoin ou l’auteur.

Quelques points à aborder pour permettre une action de sensibilisation/prévention efficace :

Afin de maintenir un niveau de vigilance élevé sur la question du « harcèlement sexuel et des agissements sexistes », il est conseillé de former régulièrement le personnel encadrant à cette problématique.

Quelques points utiles pouvant être abordés durant la formation

Comment agir ?

1/ Accuser réception du signalement et procéder à un premier échange

Quel que soit son auteur (la victime, un témoin, un représentant du personnel…) et la forme qu’il prend (courrier, remontée orale à l’occasion d’un entretien…), tout signalement doit faire l’objet d’une remontée rapide en vue d’une première analyse.

Le signalement peut être fait auprès du référent en matière de lutte contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes.

2/ Saisir l’employeur avec la procédure du droit d’alerte …

Lorsque le signalement est effectué auprès du référent « CSE » (ou plus généralement auprès d’un membre du CSE), c’est la procédure spécifique au droit d’alerte, prévue aux articles L. 2312-5 et L. 2312-59 du code du travail, qui trouve à s’appliquer.

L’employeur doit procéder sans délai à une enquête avec le membre de la délégation du personnel et prendre les dispositions nécessaires pour remédier à cette situation

… et ce, au plus vite

Il faut réagir rapidement : l’entreprise dispose d’un délai de 2 mois pour sanctionner l’auteur

Aucun fait fautif ne peut donner lieu à lui seul à l’engagement de poursuites disciplinaires au-delà d’un délai de deux mois à compter du jour où l’employeur en a eu connaissance, à moins que ce fait ait donné lieu dans le même délai à l’exercice de poursuites pénales (article L. 1332-4 du code du travail).

3/ L’enquête, réalisée via plusieurs entretiens, peut être menée conjointement par un représentant de la direction et le référent « CSE »

A quoi sert l’enquête ?

4/ Un rapport d’enquête doit être réalisé puis communiqué. Il doit rassembler :

Il est recommandé que le rapport d’enquête soit signé par l’ensemble des enquêteurs, et transmis à l’employeur ou l’un de ses représentants (le DRH par exemple) afin qu’il mette en œuvre son pouvoir de direction et prenne à ce titre les mesures qui s’imposent.

5/ La poursuite des relations de travail au cours de l’enquête

L’employeur est dans l’obligation d’agir le plus rapidement possible pour faire cesser les comportements inappropriés et assurer la protection des personnes impliquées (victime présumée, salarié mis en cause, témoins) La consigne peut d’abord être donnée aux personnes impliquées de ne pas entrer en contact les unes avec les autres.

Si le salarié mis en cause est un responsable hiérarchique de la victime présumée, il peut être envisagé d’affecter temporairement cette dernière, avec son accord, auprès d’un autre responsable, en faisant en sorte qu’elle continue d’exercer les mêmes fonctions.

Si la victime présumée et le salarié mis en cause travaillent habituellement ensemble, l’un des deux salariés peut être affecté le temps de l’enquête dans un autre service.

Si les faits signalés sont suffisamment graves et que le maintien dans l’entreprise du salarié mis en cause fait courir un risque sur la santé physique et mental de la victime présumée ou des autres salariés, il peut être procédé à sa mise à pied conservatoire le temps de l’enquête avec ou sans maintien du salaire.

6/ Les suites de l’enquête

Le rapport conclut à l’existence d’un harcèlement sexuel

Sanctionner le salarié auteur de harcèlement sexuel

Accompagner la victime

Le rapport conclut à l’absence de harcèlement sexuel

La poursuite des relations de travail

Quid des agissements sexistes

La situation n’est pas constitutive d’un agissement sexiste

A minima, rappel à l’ordre ; ou sanction disciplinaire selon gravité et caractère répété.Aucun salarié ne doit subir des faits de harcèlement sexuel (article L.1153-1 du code du travail).